Colloque international

"L’humain et l’eau au travers des langues et des cultures"

"Humans and Water across Languages and Cultures"

8 - 9 Octobre 2026 / October 8-9, 2026

Ce colloque interdisciplinaire et plurilingue explorera la manière dont l’expérience humaine de l’eau façonne sa représentation linguistique à travers les langues et les cultures. Réunissant linguistes, sociologues, traductologues, analystes du discours et chercheurs travaillant à l’interface entre langage, cognition et environnement, cet événement s’intéresse aux modalités selon lesquelles l’eau est perçue, conceptualisée et mise en discours dans les usages ordinaires comme spécialisés.

Ancrée dans des approches énactives et incarnées du langage (Varela, Thompson & Rosch 1991 ; Bottineau 2012), ce colloque propose d’examiner la façon dont le sens linguistique émerge de l’expérience humaine située. La perception environnementale, entendue comme médiée à la fois culturellement et corporellement (Merleau-Ponty 1945 ; Ingold 2011), constitue un point d’entrée fécond pour analyser la catégorisation, la désignation et la mise en récit des phénomènes aquatiques dans différentes communautés linguistiques. L’eau, à la fois milieu matériel vécu et schéma cognitif puissant, constitue ainsi un domaine privilégié pour examiner les interactions entre perception, cognition et discours.

L’un des axes centraux de la journée porte sur les métaphores aquatiques, largement mobilisées pour conceptualiser l’instabilité, le changement et les situations de crise. Les travaux en théorie de la métaphore conceptuelle (Lakoff & Johnson 1980 ; Kövecses 2002) ont montré comment la fluidité, le flux ou l’immersion structurent le raisonnement abstrait. Dans les discours publics, les crises sont fréquemment décrites en termes de vagues, de flux, de débordements ou de courants — des schémas observés dans les communications politique, économique ou sanitaire, notamment dans le discours sur la COVID-19 (Semino 2021 ; Charteris-Black 2011). Ces usages métaphoriques reflètent des imaginaires culturels plus larges de liquidité et d’incertitude (Bauman 2000), ainsi que des associations émotionnelles et expérientielles liées à l’eau (Omori 2008 ; Crépin 2023).

Ces dimensions métaphoriques et expérientielles soulèvent des questions importantes concernant la variation interlinguistique, l’équivalence conceptuelle et la traduction. Les travaux sur la communication multilingue en situation de risque (O’Brien & Federici 2020 ; Shires & Spitzl-Dupic 2023) mettent en évidence les difficultés liées au transfert des terminologies et des métaphores environnementales entre langues et cultures. La circulation des images aquatiques entre discours médiatique, langage ordinaire et communication scientifique spécialisée invite également à un dialogue entre linguistique et sciences de la Terre, notamment dans le domaine des risques hydrologiques et des récits environnementaux.

Les propositions pourront notamment porter sur les thématiques suivantes :

  • Métaphores aquatiques à travers les langues et les cultures
  • Langage, incarnation et énaction dans la perception environnementale
  • Sémantique interlinguistique de la terminologie liée à l’eau
  • Traduction et équivalence conceptuelle dans les discours liés à l’eau
  • Circulation des métaphores entre discours médiatique, public et scientifique
  • Représentation linguistique des risques hydrologiques (crues, sécheresses, tempêtes, etc.)
  • Communication interculturelle et récits environnementaux
  • Analyse du discours des crises à travers l’imaginaire aquatique
  • Terminologie et discours spécialisés en géographie et sciences de la Terre
  • Approches cognitives, métaphoriques et sémiotiques du langage environnemental
  • L’eau pour dire la crise, dans une perspective sociologique et/ou philosophique

Les propositions émanant de spécialistes des études anglophones sont particulièrement bienvenues, notamment en linguistique, analyse du discours, linguistique cognitive, écolinguistique, traductologie, stylistique et linguistique de corpus.

Format des communications : 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion
Dates du colloque : 8–9 octobre 2026 (un jour et demi)
Langue des communications : anglais, français
Date limite de soumission : 1er juin 2026

Modalités de soumission

Les propositions de communication (250 à 400 mots, hors références), accompagnées d’une courte notice biographique (4 à 5 lignes), doivent être envoyées avant le 1er juin 2026 à l’un.e des membres du comité d’organisation : aurelie.barnabe@uca.fr, caroline.crepin_davis@uca.fr, michael.gregoire@uca.fr ; olena.polovynko@uca.fr ; claire.shires@doctorant.uca.fr

Références indicatives

Bauman, Z. (2000). Liquid modernity. Polity Press.
Bernardot, M. (2025). Quand le peuple se fait eau : usages scientifiques, littéraires et politiques des métaphores aquatiques dans les discours démocratiques. Metaphorik, (36). https://journals.uni-due.de/metaphorik/article/view/918
Bottineau, D. (2012). Language and enaction. In J. Stewart, O. Gapenne, & E. Di Paolo (Eds.),
Enaction: Towards a new paradigm for cognitive science (pp. 1–67). MIT Press.
Charteris-Black, J. (2011). Politicians and rhetoric: The persuasive power of metaphor. Palgrave.
Crépin, C. (2021). Les métaphores associées à l’eau : une tendance à la négativité ancrée dans une motivation psychocognitive complexe. ELIS – Échanges de linguistique en Sorbonne, (7). (celiso.paris-sorbonne.fr in Bing)
Ingold, T. (2011). Being alive: Essays on movement, knowledge and description. Routledge.
Jamet, D. (Dir.). (2008). Métaphore et perception. Approches linguistiques, littéraires et philosophiques. L’Harmattan.
Kövecses, Z. (2002). Metaphor: A practical introduction. Oxford University Press.
Kövecses, Z. (2012). Metaphor in culture: Universality and variation. Cambridge University Press.
Lakoff, G., & Johnson, M. (1980). Metaphors we live by. University of Chicago Press.
Merleau-Ponty, M. (1945). Phénoménologie de la perception. Gallimard.
O’Brien, S., & Federici, F. (2020). Translation in cascading crises. Routledge.
Omori, A. (2008). Emotion as a huge mass of moving water. Metaphor & Symbol, 23(2), 130–146.
https://doi.org/10.1080/10926480801944277
Semino, E. (2021). “Not soldiers but fire-fighters” – Metaphors and COVID discourse. Health Communication, 36(1), 50–58. https://doi.org/10.1080/10410236.2020.1844989
Shires, C., & van Wyk de Vries, B. (2023). Using geomojis to communicate geosciences: From development to use. In EGU General Assembly 2023 (EGU231459). https://doi.org/10.5194/egusphere-egu23-14593
Varela, F., Thompson, E., & Rosch, E. (1991). The embodied mind. MIT Press.

Comité scientifique

Aurélie BARNABÉ, Université Clermont Auvergne (UCA)
Caroline CRÉPIN-DAVIS, Université Clermont Auvergne (UCA)
Michaël GRÉGOIRE, Université Clermont Auvergne (UCA)
Denis JAMET-COUPÉ, Université Jean Moulin (Lyon 3)
Bérengère LAFIANDRA, Université Paris Nanterre (Paris 10)
Olena POLOVYNKO, Université Clermont Auvergne (UCA)
Friederike SPITZL-DUPIC, Université Clermont Auvergne (UCA)
Benjamin VAN WYK DE VRIES, Université Clermont Auvergne (UCA)

Comité d’organisation

Aurélie Barnabé, Université Clermont Auvergne (UCA)
Caroline Crépin-Davis, Université Clermont Auvergne (UCA)
Michaël Grégoire, Université Clermont Auvergne (UCA)
Olena Polovynko, Université Clermont Auvergne (UCA)
Claire Shires, Université Bretagne Sud (UBA)

This interdisciplinary and multilingual conference explores how human experience of water shapes its linguistic representation across languages and cultures. Bringing together linguists, sociologists, translators, discourse analysts, and scholars working at the interface of language, cognition, and environment, the event focuses on the ways in which water is perceived, conceptualized, and verbalized in both everyday and specialized discourse.

Grounded in enactive and embodied approaches to language (Varela, Thompson & Rosch 1991; Bottineau 2012), the conference examines how linguistic meaning emerges from situated human experience. Environmental perception, understood as culturally and bodily mediated (Merleau-Ponty 1945; Ingold 2011), provides a productive entry point for analyzing how aquatic phenomena are categorized, named, and narrated across linguistic communities. Water, both a lived material environment and a powerful cognitive schema, thus constitutes a privileged domain for investigating the interactions between perception, cognition, and discourse.

A central focus of the conference concerns water metaphors, widely mobilized to conceptualize instability, change, and situations of crisis. Research in conceptual metaphor theory (Lakoff & Johnson 1980; Kövecses 2002) has shown how fluidity, flow, and immersion structure abstract reasoning. In public discourse, crises are frequently framed in terms of waves, flows, surges, or currents—patterns observed in political, economic, and health communication, including COVID-19 discourse (Semino 2021; Charteris-Black 2011). Such metaphorical uses reflect broader cultural imaginaries of liquidity and uncertainty (Bauman 2000), as well as emotional and experiential associations with water (Omori 2008; Crépin 2023).

These metaphorical and experiential dimensions raise important questions regarding cross-linguistic variation, conceptual equivalence, and translation. Studies on multilingual communication in risk contexts (O’Brien & Federici 2020; Shires & Spitzl-Dupic 2023) highlight the challenges involved in transferring environmental terminology and metaphors across languages and cultures. The circulation of aquatic imagery between media discourse, everyday language, and specialized scientific communication also invites dialogue between linguistics and Earth sciences, particularly in relation to hydrological risks and environmental narratives.

These metaphorical and experiential dimensions raise important questions regarding cross-linguistic variation, conceptual equivalence, and translation. Studies on multilingual communication in risk contexts (O’Brien & Federici 2020; Shires & Spitzl-Dupic 2023) highlight the challenges involved in transferring environmental terminology and metaphors across languages and cultures. The circulation of aquatic imagery between media discourse, everyday language, and specialized scientific communication also invites dialogue between linguistics and Earth sciences, particularly in relation to hydrological risks and environmental narratives.

Proposals may address (but are not limited to) the following themes:

  • Water metaphors across languages and cultures
  • Language, embodiment, and enaction in environmental perception
  • Cross-linguistic semantics of water-related terminology
  • Translation and conceptual equivalence in water-related discourse
  • Circulation of metaphors between media, public, and scientific discourse
  • Linguistic representations of hydrological risks (floods, droughts, storms, etc.)
  • Intercultural communication and environmental narratives
  • Discourse analysis of crises framed through aquatic imagery
  • Terminology and specialized discourse in geography and Earth sciences
  • Cognitive, metaphorical, and semiotic approaches to environmental language
  • Water as a metaphor for crisis in sociological and/or philosophical perspectives

Submissions from scholars in English and Anglophone studies are particularly welcome,especially in linguistics, discourse analysis, cognitive linguistics, ecolinguistics, translation studies, stylistics, and corpus linguistics.

Presentation format: 20-minute presentation followed by 10 minutes for discussion
Conference dates: October 8–9, 2026 (one and a half days)
Language of presentation: English, French
Abstract submission deadline: June 1, 2026

 

Submission guidelines

Abstracts (250–400 words, excluding references), together with a short biographical note (4–5 lines), should be sent by June 1, 2026 to one of the members of the organising committee:

aurelie.barnabe@uca.fr, caroline.crepin_davis@uca.fr, michael.gregoire@uca.fr, olena.polovynko@uca.fr, claire.shires@doctorant.uca.fr

 

 Selected References

Bauman, Z. (2000). Liquid modernity. Polity Press.
Bernardot, M. (2025). Quand le peuple se fait eau : usages scientifiques, littéraires et politiques des métaphores aquatiques dans les discours démocratiques. Metaphorik, (36). https://journals.uni-due.de/metaphorik/article/view/918
Bottineau, D. (2012). Language and enaction. In J. Stewart, O. Gapenne, & E. Di Paolo (Eds.),
Enaction: Towards a new paradigm for cognitive science (pp. 1–67). MIT Press.
Charteris-Black, J. (2011). Politicians and rhetoric: The persuasive power of metaphor. Palgrave.
Crépin, C. (2021). Les métaphores associées à l’eau : une tendance à la négativité ancrée dans une motivation psychocognitive complexe. ELIS – Échanges de linguistique en Sorbonne, (7). (celiso.paris-sorbonne.fr in Bing)
Ingold, T. (2011). Being alive: Essays on movement, knowledge and description. Routledge.
Jamet, D. (Dir.). (2008). Métaphore et perception. Approches linguistiques, littéraires et philosophiques. L’Harmattan.
Kövecses, Z. (2002). Metaphor: A practical introduction. Oxford University Press.
Kövecses, Z. (2012). Metaphor in culture: Universality and variation. Cambridge University Press.
Lakoff, G., & Johnson, M. (1980). Metaphors we live by. University of Chicago Press.
Merleau-Ponty, M. (1945). Phénoménologie de la perception. Gallimard.
O’Brien, S., & Federici, F. (2020). Translation in cascading crises. Routledge.
Omori, A. (2008). Emotion as a huge mass of moving water. Metaphor & Symbol, 23(2), 130–146.
https://doi.org/10.1080/10926480801944277
Semino, E. (2021). “Not soldiers but fire-fighters” – Metaphors and COVID discourse. Health Communication, 36(1), 50–58. https://doi.org/10.1080/10410236.2020.1844989
Shires, C., & van Wyk de Vries, B. (2023). Using geomojis to communicate geosciences: From development to use. In EGU General Assembly 2023 (EGU231459). https://doi.org/10.5194/egusphere-egu23-14593
Varela, F., Thompson, E., & Rosch, E. (1991). The embodied mind. MIT Press.

Scientific Committee

Aurélie BARNABÉ, Université Clermont Auvergne (UCA)
Caroline CRÉPIN-DAVIS, Université Clermont Auvergne (UCA)
Michaël GRÉGOIRE, Université Clermont Auvergne (UCA)
Denis JAMET-COUPÉ, Université Jean Moulin (Lyon 3)
Bérengère LAFIANDRA, Université Paris Nanterre (Paris 10)
Olena POLOVYNKO, Université Clermont Auvergne (UCA)
Friederike SPITZL-DUPIC, Université Clermont Auvergne (UCA)
Benjamin VAN WYK DE VRIES, Université Clermont Auvergne (UCA)

Organising Committee

Aurélie Barnabé, Université Clermont Auvergne (UCA)
Caroline Crépin-Davis, Université Clermont Auvergne (UCA)
Michaël Grégoire, Université Clermont Auvergne (UCA)
Olena Polovynko, Université Clermont Auvergne (UCA)
Claire Shires, Université Bretagne Sud (UBA)

Accès

Maison des Sciences de l'Homme
4, rue Ledru, 2ème étage - TSA 70402
63001 Clermont-Ferrand Cedex 1

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