Colloque international

PARENTHÈSES / PARENTHETISCHE EINSCHÜBE

Depuis l’Antiquité les parenthèses font partie des figures rhétoriques et ainsi des moyens linguistiques considérés comme contribuant au discours efficace. La spécificité qu’on leur attribue dans la tradition rhétorique est de compléter et de commenter l’énoncé principal (cf. Schreiter 1991). Depuis le Moyen-âge, on insiste également sur la « perturbation » (interruptio, perturbatio) qu’elles provoquent dans la construction régulière de la phrase (cf. Hähnemann / Rupp 2003).

Dans la recherche récente, on observe un intérêt grandissant concernant les phénomènes parenthétiques (cf. par ex. Greule 1998, 2005, 2006 ; Stein 2003, Dehé / Kavalova (éd.) 2007, Döring 2008 et la bibliographie sélective ci-dessous).
Mais on constate qu’à ce jour, il n’y a consensus ni sur la définition des parenthèses ni sur les phénomènes à catégoriser comme tels. La délimitation des phénomènes parenthétiques d’avec les appositions, les propositions relatives, les structures de discours rapportés, les ajouts, les adjonctions, les anacoluthes, les exclamatifs / interjections ou leur proximité voire leur recoupement avec ces évènements et phénomènes linguistiques sont controversées.

Au demeurant, on constate un certain accord concernant l’idée qu’une parenthèse constitue une unité dotée d’une certaine indépendance sur les plans intonatif, structurel, syntaxique, sémantique, communicatif et qu’elle interrompt une autre unité à laquelle elle se réfère. Ces unités interrompues / ces structures d’accueil peuvent être des énoncés mais également des constituants d’énoncés ou des textes, la parenthèse se présentant comme extérieure à la structure informationnelle de la structure d’accueil. Ses fonctions identifiées sont le commentaire, la précision, la correction, la modalisation. Les parenthèses elles-mêmes peuvent également revêtir une morphosyntaxe et une structure variables : allant du mot(-phrase) à des unités supra-phrasales. Différents critères de définitions conduisent évidemment à des catégorisations et des résultats de recherche différents. Dans l’analyse de leur forme, la notion d’ellipse / d’élision, elle-même controversée voire contestée dans sa pertinence théorique, est souvent mise à contribution.

Afin de contribuer à la discussion actuelle, de préciser l’objet lui-même, ses différentes propriétés et ses impacts communicatifs et discursifs, nous invitons à soumettre des propositions de communication qui traitent des aspects suivants :

  • Délimitation et définition : comment délimiter les parenthèses par rapport à d’autres structures, par exemple appositives, relatives etc. (cf. ci-dessus) ?

  • Prosodie : signaux horématiques et propriétés intonatives des parenthèses / identification et / ou catégorisations des parenthèses à l’aide de schémas prosodiques ?

  • Typographie : équivalence des parenthèses, des tirets, des virgules, format différencié des caractères ?

  • Linéarisation : en quelle/s position/s une parenthèse peut-elle s’insérer ? Dans quelle mesure ces positions sont-elles variables ? Quelles positions paraissent (im-)possibles ?

  • Syntaxe : Quelles formes peuvent revêtir les structures d’accueil et les parenthèses ? Quelles relations entre la forme d’une parenthèse et celle de sa structure d’accueil ?

  • Référence : Quelles peuvent être les référents sémantiques et pragmatiques des parenthèses ? Quels procédés peut-on appliquer pour identifier la structure d’accueil et la référence de la parenthèse ? Quelles références au co(n)-texte à l’intérieur de la parenthèse ?

  • Quelles fonctions communicatives sont assurées par les parenthèses ?

  • Comment évaluer l’apport informationnel des parenthèses ? Constituent-elles systématiquement une information ‘secondaire’ (Pittner 1995 : 102) ?

  • Quelle nécessité et quelle attractivité communicatives attribuer aux parenthèses ?

  • Quelles corrélations éventuelles entre parenthèses et genre textuel, entre parenthèses et langue écrite et langue orale ?

  • Quelles conséquences a une parenthèse pour le traitement de l’information du co(n)-)texte ?

  • L’histoire de la langue : les évolutions dans l’emploi, la fréquence, les formes des parenthèses ?

  • La parenthèse dans une perspective contrastive avec l’allemand.

  • Quels traitements des parenthèses dans l’histoire de la linguistique en tant que figure rhétorique, en tant que sujet abordé dans les traités de style, les parenthèses dans leur mise en relation avec l’ellipse ? A quel moment et dans quels contextes émergent des approches discursives et textuelles ? Dans la perspective historiographique, d’autres traditions linguistiques que celle en pays germanophones peuvent être prises en compte.

Comité scientifique :

Irmtraud BEHR (Paris), Sandra DÖRING (Leipzig), Klaas Hinrich EHLERS (Frankfurt / Oder // Berlin), Albrecht GREULE (Regensburg), Gerda HAßLER (Potsdam), Maxi KRAUSE (Caen / Berlin), Anne LARRORY (Paris), Michel LEFEVRE (Montpellier), Günter SCHMALE (Metz), Friederike SPITZL-DUPIC (Clermont-Ferrand), Maria THURMAIR (Regensburg), Marie-Hélène VIGUIER (Paris).

Organisation :

Wendy Schottman, Friederike Spitzl-Dupic

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